21 mars 2007
Sarkozy et le rôle du politique
Hier soir lors d'un meeting, Nicolas Sarkozy, de nouveau en piste après son obsessionnelle identité nationale, a lancé un réquisitoire contre la Démocratie Participative, contre la 6e république et la réforme des institutions pronées par Bayrou et Royal. Bref, l'homme de la soi-disante rupture ne veut surtout rien changer...
Les propos retranscrits ci-dessous sont issus de l'article du Monde consacré à ce meeting. Je ne garantis donc pas leur justesse ni leur exhaustivité.
"La démocratie participative, c'est la fin de toute volonté politique, c'est la fin de la politique qui prend ses responsabilités"
Personnellement, la fin de toute volonté politique, je la vois plutôt dans l'ultra-libéralisme et dans l'idéologie qui estime que le politique ne doit pas avoir de mots à dire pour la gestion de l'économie et du marché. C'est une question de point de vue surement, mais quand un ministre des finances choisit que la hausse du SMIC ne sera plus décidé par le gouvernement mais en fonction d'indicateurs tels que la hausse des prix, pour moi, c'est la fin d'une volonté politique. Quand un candidat à la présidentielle déclare à propos d'Airbus qu'il faut faire confiance aux dirigeants pour trouver une solution et que l'Etat n'a pas à intervenir, c'est la fin d'une volonté politique en matière industrielle. La démocratie participative, c'est à mon sens, le contraire. Le politique prend ses responsabilités. La seule chose, c'est qu'il ne les prend pas seul dans son coin avec quelques conseillers qui ne sont pas sortis des beaux quartiers depuis 10 ans, mais qu'il écoute les citoyens et les experts engagés sur le terrain. Et qu'il leur rend compte. Parce que, je sais bien que ce n'est pas la conception de Sarkozy vu ce qu'il s'est passé depuis 5 ans, un homme politique qui ne prend pas les bonnes décisions parce qu'il s'est trompé, ce serait bien de temps en temps qu'il prenne ses responsabilités. Responsabilités qui ne sont pas seulement la démission, mais aussi des changements d'orientation.
"Il faut avoir le courage d'appeler les choses par leur nom : la démocratie participative ce n'est pas le remède contre la dictature de la pensée unique, c'est la fin de la démocratie représentative dans le soupçon généralisé !"
Là, je pense qu'il confond deux choses. Et encore, je ne vois même pas comment il peut en déduire cela. Imaginons qu'il parle là des "jurys populaires" (ou tout autre nomination). Ce n'est qu'une facette de la démocratie participative, la principale part de celle-ci restant quand même la phase d'écoute. Mais bon, parlons des jurys populaires. En quoi le jury populaire est le soupçon généralisé??? En quoi serait il plus le soupçon généralisé que l'élection suivante? Le jury populaire dans l'esprit de ses instigateurs, c'est un jury, tiré au sort ou bien d'experts de terrain, qui juge et suit les effets d'une mesure. C'est le contraire de l'ère du soupçon. L'ère du soupçon, c'est aussi et surtout quand les citoyens n'ont plus confiance dans les politiques parce "qu'ils nous cachent tout". Les jurys populaires, par leur oeil extérieur et indépendant, peuvent changer cet état d'esprit.
"La démocratie participative ce n'est pas une nouvelle manière d'associer le peuple aux décisions qui le concernent, c'est juste la forme ultime de la démagogie"
Et là, c'est un Maitre en la matière qui vous en parle! Sarkozy dénonçant la démagogie de l'adversaire, ça me fait penser au supporter de l'OM qui rigole des malheurs du PSG (ou l'inverse), à Chirac qui dénoncerait la corruption de son concurrent ou à Céline Dion qui dirait que Olivia Ruiz chante faux...
"La démocratie participative n'a qu'un avantage : ça permet de faire bref : j'arrive, je dis bonjour, j'affirme avec beaucoup d'autorité vos idées sont les miennes et je pars en disant bonsoir avant que vous ayez eu le temps de me dire quelles étaient vos idées."
L'ironie est l'arme de celui qui n'a plus grand'chose à dire. En tout cas, de quelqu'un qui n'a pas participé au moindre débat participatif, pour qui la politique, c'est Ecoutez ce que j'ai à vous dire et Obéissez. Personnellement, ce n'est pas ma conception et même si il n'y a eu qu'une ou deux idées qui ont été retenues par les candidats et les élus, le débat participatif de trois heures est un véritable progrès pour la démocratie.
23 février 2007
Il y a 5 ans...
Je vais sans doute avoir moins de temps pour alimenter le blog dans les jours qui viennent. Je vous laisse patienter avec cette petite vidéo retrouvée 5 ans plus tard...
http://www.dailymotion.com/video/xmfeq_dsksarko-3-extraits
21 février 2007
Nicolas dans le Parisien
L'intégralité de l'article sur le site du Parisien
Comment avez-vous jugé la prestation de Ségolène Royal lundi soir sur TF 1 ?
Je n'ai pas pour habitude de commenter les interventions de mes concurrents.[1] Tout juste puis-je dire que la compassion n'est pas une politique, et que l'imprécision n'est pas une stratégie. [2]
[1] Je résume : je ne commente pas les interventions mais [2] je dis ce que j'en pense au niveau le plus bas et le plus mesquin. Le fond ne m'intéresse pas, seule la forme est importante.
« Imprécision », dites-vous. Est-ce une allusion au financement de ses promesses ?
Pas seulement. Je ne veux pas réduire les projets à des querelles de chiffres. [3] Quand je pointe l'imprécision, je pointe le refus d'affronter des situations incontournables. Ségolène Royal promet l'augmentation des retraites : pourquoi pas ? Mais il est curieux de parler d'augmentation des retraites en promettant dans le même temps le démantèlement de la loi Fillon. [4] Elle pointe l'endettement de la France : pourquoi pas ? Mais 45 % du budget de la nation, ce sont les salaires et les retraites des fonctionnaires. Ne pas poser la question des effectifs de la fonction publique, c'est donc s'interdire de réduire cet endettement.[5] Elle prône la justice : pourquoi pas ? Mais alors que les salariés du privé et du public doivent cotiser 40 ans, les 3,5 millions de salariés dépendant des régimes spéciaux cotisent 37,5 années et demi : qu'est-ce qu'on fait ? [6] Je pense aussi à l'assurance maladie. Nous allons vivre plus longtemps. Les traitements vont coûter plus cher. Comment on finance cela ? Faut-il créer une cinquième branche du régime de la Sécurité sociale ? [7] Comprendre la souffrance des Français, c'est évidemment nécessaire. Mais ils ne nous demandent pas seulement de les comprendre : ils nous demandent de tirer les conséquences de leurs souffrances. Chaque candidat doit avoir l'honnêteté - car c'est d'honnêteté qu'il s'agit - d'apporter ses réponses aux grandes questions qui préoccupent nos compatriotes. [8]
[3] Ca attaque fort. Il a raison de ne pas partir sur la querelle des chiffres : la dernière fois qu'il l'a fait, la semaine dernière, il a reçu le retour de boomrang en pleine face avec son propre chiffrage.
[4] Pas entendu parler lors de l'émission de lundi du démantèlement de la loi Fillon... Je devais être aux toilettes... A moins qu'il ne parle de l'un des points du projet socialiste que la candidate n'a pas jugé bon de reprendre dans son pacte. Si on regarde le Pacte en détail, elle dit plusieurs fois que la réforme Fillon est mauvaise et qu'une meilleure réforme passe par la sécurisation des itinéraires professionnels. Bref, Sarko prend ses désirs pour des réalités. Malheureusement, Ségolène ne parle pas forcément d'une réforme des retraites profondes et plus à gauche que la réforme Fillon qui favorise uniquement les hauts revenus aux parcours professionnels sans défaut.
[5] Elle a peut être fait le choix de s'attaquer aux 55% autres... pensant que le paiement des policiers, infirmiers, enseignants et autres militaires était plus important que les aides à gogo aux entreprises ou autres niches fiscales. C'est une question de choix... c'est tout.
[6] Reconnaissons que la non évocation de la réforme des régimes spéciaux dans le pacte présidentiel est un fait. Chacun ses marottes. Personnellement, je suis dans le privé et je préférerais que les régimes spéciaux soient moins spéciaux que cela pour permettre au privé de gagner un peu de retraite (en gros, au lieu d'aligner les régimes spéciaux sur le privé, on pourrait donner un peu au privé ce qu'on retirerait aux régimes spéciaux) et puis on pourrait aussi plafonner les pensions dues à la répartition pour éviter que les smicards actuels payent pour les 3000€ de certains anciens cadres du privé. Mais c'est une piste qui n'a jamais été évoquée. Encore moins par Sarko...
[7] Sarko ne crée pas une nouvelle sécu, il détruit avec sa franchise celle qui existe. Dans la droite ligne du gouvernement actuel, son programme pour supprimer le déficit de la Sécu, c'est qu'il n'y ait plus aucune dépense. Et tant pis pour la santé publique si les gens s'automédicamentent...
[8] Venant d'un candidat qui ne se gène pas pour sortir des états des lieux ou des hypothèses fausses depuis le début de la campagne pour justifier certains choix (bilan de la délinquance, salaires de certains fonctionnaires, proportion des smicards...), utiliser le mot d'honnêté fait preuve d'un grand courage...
Ségolène Royal annonce que, si elle est élue, elle augmentera le smic de 50 € dès le 1er juillet. C'est précis...
C'est le contraire de ce qu'il faut faire. 17 % des salariés français sont au smic. [9] Cela veut donc dire que l'on laisse 83 % des salariés de côté. Moi, je pose la question du pouvoir d'achat de l'ensemble des salariés. [10] C'est la différence entre nos deux projets. Pour ma part, je dis : « On va travailler plus, on créera davantage de richesses, on aura davantage de croissance et on résoudra ainsi le problème du pouvoir d'achat. » [11] Elle, elle dit : « Je vais dépenser plus. » Et sans nous expliquer comment elle va faire. Sa logique est celle de l'assistanat. La mienne est celle du travail. [12] Ma stratégie commence par le travail, se poursuit par le travail, se termine par le travail. Car la crise morale française porte un nom : c'est la crise du travail. [13]
[9] : Tiens, depuis son discours de la Mutualité, le taux a bien baissé. La France va mieux sans doute ;)
[10] : Super, je vais avoir une augmentation moi aussi alors!!!
[11] : Voilà l'exemple même d'une démonstration qui vaut 0 au lycée car les transitions ne sont pas justifiées. Déjà la première entre Travailler plus et plus de richesse est limite (car cela suppose une productivité stable, ce qui est loin d'être acquis), plus de richesse => plus de croissance est sans doute plus vraie. Par contre plus de croissance => augmentation du pouvoir d'achat reste à démontrer complétement... En particulier toutes les entreprises qui accroissaient leurs activités dans certaines unités mais qui les ont fermées pour aller dans d'autres unités où elles pouvaient encore plus croitre...
[12] : Caricatural et faux. L'émission de l'autre jour a bien montré que Ségolène était dans l'aide et surtout dans le donnant/donnant (qu'elle a répété souvent). C'est à dire une logique bien différente de l'assistanat. Quant à Sarko chantre du travail : mis à part dévaloriser un peu plus le travail en proposant à tout le monde de travailler plus pour gagner plus et aux rentiers de ne surtout rien faire pour gagner plus (par les baisses d'impots en tout genre), je ne vois pas bien où il valorise le travail.
[13] : Bon constat, M Sarkozy. La seule erreur est de penser que les gens ne veulent plus travailler ou ne sont pas bien au travail parce 35h. Les salariés que je connais sont démoralisés au travail parce que leur travail n'est plus reconnu à leur juste valeur. Et ce n'est pas de la faute aux 35h mais bien à la nouvelle relation aux salariés qu'ont mis en place certains actionnaires et certains dirigeants : salariés jetables = démotivation.
Voulez-vous dire que la hausse du smic serait un risque pour l'emploi ?
Non. La hausse du seul smic est un risque parce qu'elle tasserait la grille des salaires. Elle donnerait le sentiment à la classe moyenne que travailler dur ne sert à rien puisqu'on ne gagne pas plus, à l'arrivée, que celui qui est dans l'assistanat ou en bas de l'échelle.[14] Je suis attaché à la justice. Je veux me préoccuper du pouvoir d'achat de tous les Français en « libérant » les 35 heures, donc en leur permettant de faire des heures supplémentaires sur lesquelles il n'y aura ni cotisations ni impôts sur le revenu. [15]
[14] Sauf que Ségolène a bien dit que le but n'est pas de tasser la grille des salaires et au contraire de lancer une consultation interpartenarionale pour voir les conditions d'une hausse généralisée... Quant aux smicards qui travaillent 39h par semaine (ou pas d'ailleurs), je pense qu'ils seront heureux d'apprendre qu'ils ne travaillent pas durs voire qu'ils sont assistés...
[15] Belle récompense pour les salariés qui travaillent durs : vous voulez être payés plus, travaillez plus bande de feignants.
En juin, quel que soit le président élu, le gouvernement devra pourtant, en concertation avec les partenaires sociaux, décider du niveau du smic...
Voilà le raisonnement habituel de la France depuis trente ans. Il nous a conduits à avoir deux fois plus de chômeurs que nos partenaires, et 1 % de croissance en moins. J'agirai autrement. J'ouvrirai une négociation avec le patronat avec une idée centrale : la politique d'allégement des charges ne doit pas servir à financer la rigueur salariale. En clair : j'allégerai les charges des entreprises dans les branches qui augmenteront les salaires. Nous sommes, en effet, un pays curieux. Nous dépensons 17 milliards d'euros pour les 35 heures, c'est-à-dire pour que les gens ne travaillent pas et, à côté de cela, comme il y a 9 % de chômeurs et qu'il n'y a pas de concurrence sur le marché de l'emploi, la négociation salariale n'existe plus. [16]
[16] : Là, c'est moi qui ne comprend plus rien... Vazy que j'tembrouille... Alors on augmente ou pas le SMIC? Visiblement non. Par contre, on aide les entreprises à financer les hausses de salaire? Ou pas?
Ségolène Royal, sur TF 1, a laissé entendre que plus de 5 milliards d'aides aux entreprises étaient, à ses yeux, mal utilisés...
Les principales aides aux entreprises ont été données par le gouvernement Jospin pour la mise en place des 35 heures. Les 5 milliards en plus, ce sont les départs en préretraite vis-à-vis desquelles je suis très réservé. Je trouve, en effet, totalement incohérent de dire aux Français qu'ils vont travailler plus longtemps et de dépenser 5 milliards d'euros chaque année pour les faire partir plus tôt : à 55 ans plutôt qu'à 60 ans. Ces 5 milliards-là, je ne souhaite pas les supprimer mais les recycler. Je veux moins de plans sociaux et plus de plans économiques. Tout cet argent donné pour convaincre des Français de ne plus travailler doit plutôt servir à réindustrialiser des bassins en difficulté pour y installer des activités productives. [17]
[17] Là encore, un joli méli mélo... Les 5Md d'euros ne sont pas donnés pour convaincre les français de ne plus travailler : ils sont donnés aux entreprises pour se débarasser des salariés qu'ils ne veulent plus. Enorme nuance...
Si vous étiez élu président, quelles seraient vos priorités dans les cent premiers jours ?
D'abord, un « paquet » fiscal. [18] Le collectif budgétaire voté au Parlement en juillet comprendra les mesures suivantes. 1. Pas de cotisations et pas d'impôts sur le produit des heures supplémentaires. Ce sera une révolution. Puisque tout est fait jusqu'à présent pour décourager les heures supplémentaires. J'ajoute que je ne trouve pas normal qu'une heure supplémentaire soit payée 10 % de plus dans une entreprise de moins de 20 salariés et 25 % dans les autres. Je souhaite qu'elle soit payée partout de la même façon. [19] 2. Je veux que tous ceux qui achètent un appartement puissent défiscaliser les intérêts de l'emprunt contracté pour acheter ce bien. Le coût du foncier, la faiblesse de l'inflation, la hauteur des taux d'intérêt (qui, en valeur relative, ont été rarement aussi hauts) doivent nous amener à cette défiscalisation. Cette mesure massive dopera la construction et permettra aux classes moyennes de devenir propriétaires. [20] 3. Je souhaite la suppression des droits de succession et des donations pour 90 % des Français. Car je veux accélérer le passage du patrimoine des plus âgés aux plus jeunes. [21]
[18] J'appelle ça "acheter des voix"... Comme la baisse de 8% anticipée sur l'IR 2007... Au fait, combien ça a couté cette mesure électorale au budget de l'Etat?
[19] Deuxième voire troisième fois qu'il en parle dans l'interview. Il n'a vraiment rien d'autres à proposer aux salariés et à la classe moyenne?
[20] Quid de la pénure de logements disponibles qui fait exploser les prix? La défiscalisation des intérêts n'est qu'une mesure qui permettra aux banques de justifier la hausse des taux et aux propriétaires actuels de justifier la non baisse des prix vertigineux où se trouve le marché pour le moment.
[21] Mesure qui concerne 20% des 25% les plus riches puisqu'aujourd'hui 75% des droits de succession ne sont pas imposés...
Pourquoi ce pourcentage de 90 % ?
Il faut discuter du plafond. L'objectif est d'exonérer de droits de succession la totalité des classes moyennes et une partie des classes supérieures. Enfin, la quatrième et dernière mesure immédiate de ce paquet : je veux qu'un contribuable soumis à l'impôt sur la fortune puisse investir jusqu'à 50 000 € dans les PME françaises, quelles qu'elles soient, c'est-à-dire pas seulement les plus innovantes. Investir dans les PME et pas dans les Sicav, ni dans les produits monétaires. Car toute ma stratégie consiste à remettre du carburant dans l'économie : je veux regagner le point de croissance dont on a tant besoin. Nous traiterons à l'automne la question du bouclier fiscal à 50 %, qui est plus complexe. Et on réfléchira à la question de savoir si on y inclut la CSG ou pas.[22]
[22] Et surtout hautement impopulaire maintenant que le stratagème visant à supprimer de facto l'ISF a été dévoilé...
Vous savez que vous êtes très attendu, et même guetté, sur le terrain social...
Mais il y a, dans mon projet, un « paquet » social ! [23] Il comprend deux catégories : les mesures dont je ne discute pas et celles qui seront soumises à la concertation. Ainsi la loi sur le service minimum dans les services publics n'a pas à être discutée. Elle est plébiscitée par les Français. C'est une mesure phare de mon programme. Elle sera votée à l'été. [24] C'est la même chose pour le vote obligatoire à bulletins secrets, au bout de huit jours de grève, dans les entreprises et les universités. [25] Une précision : si la majorité est favorable à la reprise du travail, la minorité qui n'est pas de cet avis pourra continuer à faire grève. Cela veut juste dire qu'il n'y aura pas, où que ce soit, de piquets de grève. [26] En revanche, je mets sur la table d'autres choses soumises, elles, à discussion. 1. La question de la liberté de candidature au premier tour des élections professionnelles. Il y aura une négociation de six mois avec les syndicats sur cette question sensible et complexe.[27] 2. Le contrat de travail unique. Là aussi, il faudra négocier. [28] 3. La loi portant sur la démocratie sociale. Mon idée : tout ce qui touche au droit du travail devra d'abord être négocié entre salariés et patrons. Mais le temps de discussion doit être encadré : entre quatre et six mois. Et s'il n'y a pas accord, c'est le législateur qui tranche. 4. L'égalité des salaires entre les femmes et les hommes. Il y a un écart de rémunération de l'ordre de 10 à 15 % : il est parfaitement injustifié.
[23] Vite, vite... Enfin des choses pour réparer cette société...
[24] Ah merde, en fait, c'est juste des mesures populistes à la marge qui ne servent à rien tellement elles concernent peu de monde (désolé pour les parisiens qui galèrent les quelques jours de grève, mais ils sont tout au plus 2M sur les 60M de français)
[25] Remise en cause du droit de grève?
[26] Ben non puisque c'est juste pour faire respecter la loi puisque les piquets de grève sont interdits par la loi logiquement...
[27] Et qui intéresse bigrement la vie quotidienne des français...
[28] Chat échaudé par le CPE craint l'eau froide?
Le service minimum, le vote à bulletins secrets en cas de grève, la fin du monopole des syndicats : la CGT a déjà affiché son opposition...
Je respecte beaucoup les syndicats. Mais ce n'est pas la CGT qui fait le programme des candidats à l'élection présidentielle. [29] Dans une démocratie, les questions sont tranchées par les électeurs. [30] C'est la raison pour laquelle je veux tout dire avant, parce que je veux tout faire après. Et je fais confiance au pragmatisme des syndicats. Derrière des postures, il y a toujours des tactiques. 87 % des Français sont favorables au service minimum : la loi de la majorité, pour moi, ça compte !
[29] Sans être supporter de la CGT, force est de constater qu'elle est le syndicat n°1 et que donc dans les négociations paritaires qu'il veut mettre en place, elle sera en position de force.
[30] Les élections preudhommales sont aussi des élections... qui concernent uniquement ceux qui sont concernés par les syndicats...
Comment allez-vous procéder pour le dossier explosif des régimes spéciaux ?
Je ferai cette réforme. Je comprends que ça ne fasse pas plaisir à tout le monde, mais je veux gager l'augmentation des 3 millions de petites retraites par la réforme des régimes spéciaux. Il y a 500 000 cotisants et 1,1 million de retraités. Ces personnes-là cotisent 37 années et demie. Les autres, 40 ans ou un peu plus. La justice, ce ne sont pas seulement des droits, mais aussi des devoirs. C'est mon devoir de candidat que de le rappeler. [31]
[31] Hormis le sens de la formule, c'est quoi le devoir d'un retraité? J'ai déjà dit ce que j'en pensais plus haut, je n'y reviens pas.
Et quand cette réforme ?
La négociation commencera tout de suite : il faudra être prêt pour 2008, date à laquelle la loi Fillon prévoit une nouvelle discussion. Mais j'engagerai aussi trois autres réformes importantes. Je veux abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans pour les mineurs récidivistes. Mais je demanderai au Parlement de définir à partir de quel moment on est multirécidiviste. A partir de 16 ans, le mineur récidiviste sera condamné comme un majeur.[32] Et cela changera tout car les majeurs ne pourront plus alors les utiliser comme ils le font aujourd'hui en profitant de leur irresponsabilité pénale.[33] Je suis aussi favorable à des peines planchers pour les multirécidivistes majeurs. A la première multirécidive, je veux qu'on ne puisse pas être condamné à moins de la moitié de la peine prévue. Pour la deuxième, à pas moins de 75 % de la peine prévue. Et pour la troisième, ce sera 100 % de la peine prévue. [34] Enfin, dernier chantier immédiat : les universités, aujourd'hui prises en étau entre les grandes écoles à la française et les universités européennes. Je veux créer un statut d'autonomie des universités françaises, avec liberté de recrutement des étudiants, y compris étrangers, liberté de recrutement des professeurs et liberté des définitions des programmes de recherche. Chaque université devra pouvoir passer des contrats avec les entreprises de sa région pour financer la recherche et permettre aux étudiants d'y travailler. Et nous modifierons aussi leur gouvernance pour qu'un président d'université puisse décider. Je mettrai ce nouveau statut sur la table : libre à chaque université de France de l'adopter ou non. Il n'y aura pas d'obligation. Mais ceux qui le choisiront auront des crédits en plus. [35] Je prends le pari que les universités françaises vont faire le choix de la modernité. Enfin, je souhaite un campus de dimension européenne par grande université dans chaque région, avec installations sportives, bibliothèque ouverte le dimanche, logements pour les chercheurs.
[32] C'est en accord avec la Charte Européenne des Droits de l'Homme ou les Droits de l'Enfant, ça? Cela dit, venant de quelqu'un qui rafle les sans papiers à la soupe populaire, qu'est ce que ce sont que ces bouts de papier?
[33] Le mythe du délinquant qui se dit : qu'est ce que je risque!!!
[34] Ca, c'est tout simplement la remise en cause d'un principe majeur de notre Démocratie et de la Justice : l'individualisation des peines. Et c'est avec ce genre de mesure qu'un voleur de part de pizza prend 10 ans de prison ferme...
[35] J'avais déjà évoqué lors de l'interview au Monde ce magnifique principe de la Liberté et du Volontariat : ce qui n'acceptent pas ont moins de sous!!!
[38] La décentralisation, telle qu'elle a été menée, a créé des emplois de fonctionnaires et non réduits. Quant à la population française, elle a elle aussi augmenté... Tiens, juste un détail, Mr Sarko, vous avez les variations entre les différents secteurs de la fonction publique (enseignement, police, administration, hopitaux...)?
Mais, parfois, il y a mieux : l'administration générale des douanes a autant d'agents aujourd'hui (20 000) qu'elle en avait en 1980. Or, depuis cette date, il n'y a plus de frontières. [39] De même, l'Etat a-t-il décentralisé aux régions la formation professionnelle et aux départements l'action sanitaire et sociale. Mais ses effectifs ont quand même été multipliés par quatre dans le premier domaine et ont grimpé de 60 % dans le second. Qu'on ne vienne pas m'expliquer que ce que je propose n'est pas réalisable ! [40]
[39] Faux et archi faux. Il existe encore des tas de frontières entre la France et ses pays limitrophes. Et en plus, ce sont des frontières pour la plupart difficiles à controler (Antilles, Polynésie...) sans parler des magnifiques frontières entre Andorre et Monaco qui, pour la première en tout cas, génèrent un traffic monstreux de contrebande.
[40] Pour de nouveaux services (RMI, APA, aides aux handicapés)... Et surtout pour rattraper les ratés et les exclus de la belle société que souhaite Sarkozy.
Et comment combler le déficit de l'assurance maladie ?
Il faut responsabiliser les patients. Je prévois donc l'instauration d'une franchise sur l'assurance maladie. Notre idée, c'est que les premiers euros de soins de santé de l'année ne seront pas remboursés. Combien ? 15 € ? 25 € ? On verra. Si la branche maladie est équilibrée, on baissera cette franchise. Si elle est déficitaire, on l'augmentera. Les patients toucheront la récompense - ou la sanction - de leur comportement. [41]
[41] Pas de sanction par contre pour les médecins... Je vous invite à lire Ségo et les Généralistes... Ainsi que mon analyse de son interview au Monde pour plus de détails.
Les enseignants sont très courtisés par les candidats à l'élection présidentielle...
Je veux que, dès le mois de juillet, le ministre de l'Education nationale écrive à tous les enseignants de France car la réforme de l'Education est moins une question de moyens que de programmes. Je veux leur faire confiance. Peu m'importent leurs méthodes. Ce qui compte, ce sont les résultats. Evaluation, autonomie, confiance dans les enseignants, orientation : ce sont des mots majeurs. Je veux un véritable service d'orientation scolaire au profit de toutes les familles. Celles qui voudront laisser leurs enfants à l'école entre 16 heures et 18 heures pour faire leurs devoirs auront droit à deux heures d'études dirigées. Cela coûte moins cher de donner du pouvoir d'achat aux enseignants par les études dirigées que de laisser les enfants à la loi de la rue. Les enseignants à la retraite, qui voudraient reprendre un travail à temps partiel, pourront aussi les encadrer. [42]
[42] 16 à 18h???? Mais il y a des cours pendant ce laps de temps... Va t on enfin revenir sur l'emploi du temps surchargé de nos élèves? Non, ce ne serait pas les habituer à une vie de travail... Pour le reste, écoutez bien le son de la flute... ou du pipeau...
Cela va coûter très cher !
C'est un investissement ! Ce n'est pas la même chose que de mettre des milliards pour le RMI ou les minima sociaux. C'est là que la querelle des chiffrages des projets est ridicule. Mais laissez-moi aussi parler de la fiscalité écologique car c'est très important : je prévois la défiscalisation des biocarburants pour dix ans.[36] Le prix du pétrole ne nous laisse pas d'autre possibilité. Je poserai aussi à nos partenaires européens la question d'un taux de fiscalité à 5,5 % au lieu de 19,6 % pour les produits écologiques. C'est la seule façon de faire acheter des voitures propres. C'est un comble qu'elles coûtent plus cher. Je proposerai également une taxe sur le carbone importé et une redevance pour l'usage par le fret du réseau routier français par les routiers étrangers. Elle sera affectée au financement des infrastructures. [37]
[36] Et tu les fais pousser sur la lune??? Il n'y a pas assez de surface en France pour compenser le pétrole par des biocarburants. On fait comment? On fait exploser les prix? Surtaxons les gros pollueurs, que ce soit le transport routier ou les gros cylindrés.
[37] Les mêmes propositions que Ségo... en moins audacieuses...
Vous semblez parler moins de la réforme de l'Etat qu'il y a quelques mois...
Pas du tout. Je veux engager à titre d'exemple trois réformes qui dégageront des économies. D'abord, la fusion entre l'ANPE, l'Unedic et les maisons de l'emploi. Pourquoi, chez nous, l'organisme qui donne le chèque de l'indemnisation du chômage est-il différent de celui qui aide à trouver un nouvel emploi ? Ensuite, la fusion de la Direction générale des impôts et de la comptabilité publique. C'est extraordinaire : celui qui calcule votre impôt n'est pas celui qui le perçoit. Il y a 80 000 personnes d'un côté, 60 000 de l'autre. Enfin, au cours des vingt dernières années, l'emploi public a augmenté d'un million en France malgré l'informatique et la décentralisation. Je propose de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. D'ici à 2012, ils seront 450 000 dans ce cas. Eh bien, je vais vous faire une révélation : ainsi, en 2012, on aura retrouvé le même nombre de fonctionnaires qu'en 1992. Je ne me souviens pas qu'à l'époque la France, présidée par François Mitterrand, était sous-administrée ! [38]
14 février 2007
Vive Mai 68
La rengaine d'une bonne partie de la droite et d'un certain nombre d'intellectuels, pour la plupart issus de Mai 68 mais honteux de ce qu'ils sont devenus, est de mettre tous les mots de notre société actuelle sur Mai 68. Venant de la Droite conservatrice ou réactionnaire, cela ressemble même à une vengeance après la défaite qui a suivi ces événements, tant les 15 années qui ont suivi ont été la conséquence directe de Mai 68, de son foisonnement d'idées, de sa libération intellectuelle et morale.
Au point que certains, et non des moindres, nous avancent comme slogan principal : C'était mieux avant. Sarkozy l'a utilisé je ne sais combien de fois lors de son discours de la Mutualité. Nos aïeux savaient tout faire, nous on ne sait rien faire. Il faut revenir aux vieilles recettes.
Ils oublient simplement qu'en 1960, plus de la moitié des enfants sortait du cursus scolaire autour de 12-14 ans pour, à terme, alimenter les chaines des usines. Ils oublient que les femmes étaient cloitrées à la maison. Ils oublient que la violence dans les faubourgs était proche de celle de nos banlieues d'aujourd'hui, la seule différence, c'est que de leur quartier bourgeois, ils ne le voyaient pas.
Ils ne rêvent que de cette société d'avant, dans laquelle il fallait se soumettre au Maitre, aux Parents (que l'on vouvoyait), au Contremaitre, au Curé, au Patron. C'était certainement une société plus docile. Mais certainement pas une société où il faisait bon ne pas être riche.
Les années 70 ont été très riches intellectuellement. Nos parents, jeunes de cette époque, ont pu s'affranchir des règles d'avant. Ils ont pu évolué et la société avec. Ils pouvaient, eux, entrer comme simple employé de banque sans le bac et devenir directeur d'agence moins de 10 ans plus tard. Aujourd'hui, c'est devenu impossible. La seule chose qu'on propose à nos jeunes, c'est de galérer pendant des années avec des petits boulots précaires en vivant chez papa-maman. Tout en payant les retraites de ceux ci et en sachant très bien qu'ils n'en auront pas.
Ce que veut la jeunesse, ce n'est pas être stigmatisé, ce n'est pas être traité avec mépris par des politiciens qui n'ont jamais connu la précarité. Il est temps aujourd'hui de poser les bases d'un nouveau Mai 68 pacifique. Avant qu'il n'y en ait un nouveau, plus violent.
11 février 2007
En écoutant Sarkozy
Il croit en la politique... bien, bien, bien...
Par contre, il est complétement déconnecté de la réalité et accumule mensonges sur mensonges. Tout au moins imprécisions sur imprécisions... Et il ne parle qu'à quelques individus minoritaires. La plupart des gens ne sont pas libres de choisir de travailler plus. La plupart des gens (75%) transmettent leur patrimoine sans payer quoique ce soit à l'Etat...
Sinon, quelques autres remarques :
Il aime toujours aussi peu les jeunes. C'est impressionnant l'image qu'il en a... et qu'il transmet à ses comités de soutien.
Jamais dans l'Histoire de France, tous les enfants de France ont su écrire et lire. Le dire est un mensonge... Depuis les années 70, le niveau global d'instruction des français est le plus élevé depuis toujours.
Il était sur Mars depuis 15 ans alors ("Il manque 1 point de croissance à la France depuis 15 ans") que je croyais qu'il avait été ministre du budget pendant 2 ans, puis dans la majorité pendant 2 autres années. Et enfin Ministre d'Etat et Ministre des finances depuis 5 ans... Soit 9 ans sur ces 15 ans... Et il veut nous faire croire qu'il va savoir faire maintenant????
Et sur le social, son discours est impressionnant de réactionnisme. Je pense que depuis 1930, je n'ai pas entendu un homme politique gouvernemental tenir un tel discours.
Tiens, au fait, le Nouvel Obs sort une info sur une association d'Argenteuil...
09 février 2007
Enquête de police
Attention, âmes sensibles s'abstenir. Merci de protéger vos enfants contre la lecture de ce post aux odeurs nauséabondes de la campagne d'une certaine droite... qu'on ne peut plus, malheureusement, qualifier d'extrème...
Dans l'enquête sur le scooter de Sarkozy Jr, le travail de la meilleure police d'Europe (mais la moins bien payée) a été remarquable. Le Werdok Blog est en mesure de vous révéler aujourd'hui la démarche des enquêteurs grâce à des fuites d'un syndicaliste gauchiste (comme celui des RG qui a révélé l'enquête sur le collaborateur de Ségolène Royal)...
1. Sur la scène du vol, les inspecteurs scientifiques ont trouvé de nombreuses traces de sang pour prélever de l'ADN. Malheureusement, ce sang n'était pas du sang humain : il n'y avait que du sang de mouton. Sans doute les restes du sacrifice de l'Ait fait par le voleur dans sa baignoire juste avant d'aller voler un scooter (les gens qui aiment la France ne volent pas les autres français, Monsieur)
2. Toutefois, alors qu'ils désespéraient de trouver quelque chose dans cette mare de sang, coup de chance, ils ont découvert le reste de l'excision d'une des soeurs des voleurs qui a du tomber d'une poche du pantalon au vu des fibres de textile qui le recouvraient.
3. Grâce à ce petit morceau de corps, l'ADN de la famille des voleurs a pu être isolé. Le plus dur restait à faire. A cause de la polygamie et des nombreux enfants par femme dans ces familles là (et surtout des antécédents judiciaires de ce genre de famille), il a fallu recouper avec des dizaines d'ADN semblables.
4. A cette étape, la perquisition pouvait avoir lieu. Ce sont dans de jolis HLM d'une banlieue réputée calme (chacun sait que ce genre de familles a des passe-droits pour les logements sociaux). Toutefois, les enquêteurs ont du se prémunir contre les risques de maladie et surtout contre l'odeur et le bruit qui régnaient dans l'appartement.
5. Au milieu des lecteurs DVD et autres home cinémas, volés ou achetés grâce aux multiples prestations sociales, les enquêteurs ont trouvé le scooter volé. Bravo la Police. Merci la Police d'avoir agi avec autant d'efficacité dans des conditions difficiles.
En Italique, les commentaires de la rédaction
PS : j'apprends ce matin qu'un scooter de la famille Hollande aurait lui aussi été volé et des prélèvements ADN effectués pour retrouver le voleur... Mais visiblement sans succès... 15 jours pour sortir cette info. On a connu les services de police plus prompts à voler au secours de leur Ministre préféré.
08 février 2007
Sarkozy soutient Charlie Hebdo!
Cet homme ne doute de rien...
Deux jours après avoir choqué les gens de gauche (disons, les droitsdelhommistes pour reprendre un terme en vogue à droite) avec sa déclaration du mouton dans la baignoire, voilà qu'il tente d'amadouer à nouveau la Gauche... Girouette...
Peut être pas tant que cela. La vraie question est en effet de savoir si c'est la Liberté d'expression qu'il soutient ou la Liberté d'expression sur l'Islam... Bref, est ce qu'il aurait tenu le même discours si à la place du recteur de la Mosquée de Paris, cela avait été l'Archevèque de Paris?
Pas la peine de faire de mauvais procès...
Un dessin vaut mille discours
Sinon, la réaction hypocrite du recteur de la Mosquée de Paris est grandiose : après avoir protesté que le Ministre de l'Intérieur et donc des Cultes se range du coté des accusés, il a finalement dit que ce n'était pas grave puisque ce n'était que le candidat à l'élection présidentielle... Est ce que ce sont ses collègues de l'UOIF au sein du CFCM qui lui ont rappellé ce qu'ils doivent à Sarko?
07 février 2007
Un article intéressant
rien de bien nouveau mais une compilation qui permet de se remettre en perspective certaines choses
Une campagne médiatique aux ordres de Nicolas Sarkozy ?
Parabole... ou presque
Mes amis, depuis hier je sais pourquoi je fais campagne contre Sarkozy et je souhaite que Ségolène soit présidente.
Oui, je le sais, j'ai eu la révélation....
Pas besoin de divan , pas besoin de voyante ou de marabout à 200€
Non, juste une expérience de la vie qui m'a montré le Chemin.
Hier soir, je rentre du boulot. Werdokinha, ma fille de 16 mois, joue avec sa maman dans la salle de jeu à coté de la cuisine. Ma femme me raconte ce qu'elles font depuis qu'elles sont rentrées : "On a fait la soupe de la petite ensemble : elle s'est mise debout sur la chaise et m'a regardé faire, bien sagement"
Là, je suis un peu dubitatif : Werdokinha debout sur une chaine alors qu'elle ne marche que depuis 3 semaines, ça me parait un peu risqué, mais bon, les explications de la maman sont succintes et puis il faut bien franchir des paliers, aller de l'avant, ouvrir des perspectives, libérer les énergies, réformer la famille, sortir du carcan des habitudes et du confort routinier ...
Ma femme : "Il faut aller faire notre soupe. On y va tous les 3?" Visiblement, l'expérience de la chaise a plu à la maman qui veut renouveller l'expérience.
Nous voilà donc tous les trois, moi près de l'évier en train d'éplucher les légumes, ma femme à droite sur le plan de travail en train de les couper en morceaux avec un joli couteau Laguiolle (un faux) et ma fille, debout sur sa chaise entre nous deux.
Rapidement, quelque chose me chiffonne. OK, la maman a l'air tranquille, mais moi, je n'arrête pas de regarder ma fille. Je propose donc un amendement à ce nouveau texte de loi : "Heu, on ne pourrait pas mettre le dossier de la chaise derrière elle plutot qu'entre elle et le plan de travail, cela éviterait de la voir basculer à l'arrière"
Ma femme : "Bof, si tu veux, mais ça ne craint rien, on est là"....
Je tourne quand même la chaise pour qu'Agorinha soit "coincée" entre le plan de travail et le dossier de la chaise... Reste les deux cotés où elle peut tomber, mais la maman n'a pas l'air inquiète. Il faut bien franchir des paliers, aller de l'avant, ouvrir des perspectives, libérer les énergies, réformer la famille, sortir du carcan des habitudes et du confort routinier.
Soudain, le petite doit avoir une petite faim : la carotte que je suis en train d'éplucher la tente et là voilà qui se penche pour l'attraper. Et bien sûr ce qui devait arriver, arriva : elle bascule de la chaise sur la gauche. Je tente désespérement de la retenir avec la jambe (je rappelle que j'ai une carotte dans la main droite et un épluche légume dans la gauche) pour amortir la chute, mais en vain. On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeuf, comme on dit... Toute réforme laisse des gens au bord du chemin... C'est l'Elite qui tire la société... Il faut refuser le nivellement par le bas et permettre à ceux qui veulent aller plus vite, plus loin de le faire.
Bref, de grosses larmes, sans doute une petite bosse contre la porte du four et la Maman en colère "Tu ne pouvais pas la retenir, non?" Ben oui, quoi, ce n'est pas de la faute de la réforme, mais bien de l'application... Ou alors de ma fille...
Pas grave, elle va sans doute me proposer de mettre 4 dossiers à la chaise pour éviter qu'elle tombe... Ou alors elle va lui interdire de tomber en promulgant une loi... Ou alors elle va faire une loi qui me condamne si je ne la rattape pas.
Voilà, c'est parce que je sais ce que c'est de vivre avec une personne férue d'expériences nouvelles et risquées qui n'assume pas les conséquences de ses décisions que je fais campagne contre Sarko.
Et c'est parce que j'imagine très bien ce que c'est que de vivre en tête à tête avec une Ségolène défaite dans une maison à Mougins que j'ai pitié de François et que je fais campagne pour l'élection de Ségo
Tout ceci est à prendre comme une parabole... Rien de plus... Rien de moins...
05 février 2007
Echos de campagne
Laurence Parisot, candidate?
Stupéfaction en écoutant France Inter ce matin : dans le cadre de leurs matinées spécial Elections Présidentielles, voilà qu'après Bayrou et Buffet, c'est Parisot qui était la rédactrice en chef... Je ne la savais pas candidate aux Présidentielles... A moins que, vu l'orientation de la revue de presse (je n'ai entendu que ça), c'était pour permettre à Sarkozy de faire coup double : son émission à lui et celle de la présidente du MEDEF...
Attendons de voir dans les semaines qui viennent si Bernard Thiebault et François Chérèque, pour ne citer qu'eux, seront eux aussi aux commandes du 7/9 de France Inter.
Hausse de salaire
D'après Sarkozy, pour avoir plus d'argent, pour un rentier ou une personne qui gagne plus de 10 000€ par an, il suffit de ne rien faire et d'attendre les baisses d'impots et autres boucliers fiscaux. Pour un salarié lambda, il ne suffit pas de bien bosser pour que son entreprise aille bien et gagne des parts de marché : Non, il faut travailler plus!
En gros, tu veux du fric, sale pauvre? Et bien, bosse un peu feignant.
J'ai une question à vous poser...
mais je ne suis pas sûr de pouvoir... Un panel de 100 français face à Sarkozy... Il doit trembler le candidat. Sa seule inquiétude est de savoir si il va faire 10 Millions de téléspectateurs ou moins... Voilà au moins des priorités bien établies et bien à l'image du candidat. D'ailleurs, le Parisien dévoilait ce matin que tous les adhérents de l'UMP vont recevoir un SMS pour leur rappeler de regarder TF1 ce soir. Pauvre campagne, pauvre France...
En attendant, 100 x 1 minute pour poser la question x 3 minutes pour y répondre (et ce sont des temps très courts), ça fait 400 minutes... Soit près de 7h d'émission... Les Français ont peut être une question à poser à Sarko, mais ils risquent de se lasser d'attendre.
Styles de campagne
Une campagne arrogante qui part dans tous les sens avec des promesses en trompe l'oeil : ça ressemble à son caractère. Une campagne participative mais brouillonne, moderne mais hésitante : ça ressemble aussi à son caractère
Une campagne molle mais caliméro : ça ressemble aussi à son caractère
Une campagne cachée avec des coups de colère de temps en temps : ça ressemble aussi à son caractère.
Décidément, ces campagnes sont sans surprise finalement
Confusion de dates
Dimanche prochain, le 11 février, sera une date importante pour la campagne électorale : Ségolène Royal va présenter la synthèse des débats participatifs tandis que Nicolas Sarkozy va présenter... son fan club people...
Encore à l'image de cette campagne? On verra surtout qui va retenir l'attention des médias et des gens...
