J'ai rien à gagner rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d' merde
J'aime c' qu'est cassé j'aime c' qu' est détruit
J'aime surtout tout c' qu'y vous fait peur
La douleur et la nuit

Voilà à quoi me faisait penser le débat de Ruth Elkrief et Olivier Mazerolles hier soir sur BFM TV. Des chansons de Renaud... Des chansons de Renaud de 1980. Trois décennies... C'est ma génération alors je connais, mais je suis sûr qu'on peut trouver des paroles de Piaf voire des chansons d'avant guerre qui mettaient en scène les mêmes problématiques. Et Ruth et Olivier semblaient découvrir le phénomène. Cherchaient des explications d'aujourd'hui à cette violence qui fait irruption via les chaines d'info dans nos foyers régulièrement à l'heure où la France laborieuse se referme dans son cocon. 

Des explications d'aujourd'hui, il y en a surement: Par exemple, les armes de guerre depuis les conflits "yougoslaves" ont remplacé les coups de surin qui étaient moins systématiquement mortels. Mais aussi la communication, la télévision qui rapportent encore plus rapidement les faits et mettent en exergue quelques meurtres bien choisis parce que bien "compréhensibles" avec des marqueurs simples. Mais au fond...

Au fond, ce qui m'a le plus choqué dans ce débat, c'est le rappel de Ruth Elkrief sur la fin du débat. Elle rappelait que les deux victimes n'étaient pas liées au trafic de drogue, qu'un des deux avait même un master. Bref, comme si il fallait un rappel pour dire que dans "ces quartiers", il y avait aussi des gens "normaux", que tous les jeunes ne vivent pas de la drogue et des trafics. Oui, le plus triste dans ce débat, c'était ça : cette stigmatisation insidieuse de ces quartiers. Comme avant les "bourgeois" des centre-villes craignaient les apaches des faubourgs.

Et on nous parle du racisme anti-blanc... 

PS1: j'ai vécu toute ma jeunesse dans des grandes barres des années 60. Pas un quartier au sens d'aujourd'hui, car desservi par les transports en commun, peuplé d'une classe moyenne et relativement épargné par le chomage.

PS2: vous aurez remarqué que je me remets au blog. Quelques envies de préciser mes pensées en plus de 140 caractères sans doute...